La marche en ville : Un mode de déplacement à valoriser

Circulation saturée

La marche en ville : Un mode de déplacement à valoriser

L’automobile a révolutionné nos déplacements. Elle nous a permis de nous déplacer plus librement et plus loin avec un certain gain de temps. Mais elle s’est aussi imposée sur de faibles distances, parce que toutes les infrastructures se sont développées pour la favoriser à l’encontre de tout autre mode de déplacement, comme le tramway, qui fût au début du 20ème siècle, le principal moyen de transport urbain, avant de disparaître complètement de nos villes. Aujourd’hui, même si ces derniers ont été remis au goût du jour dans de grandes villes et agglomérations, nous ne pouvons que constater une circulation automobile de plus en plus saturée, qui entraîne une dégradation importante de notre environnement, mais aussi de notre santé. Il suffit de regarder l’accroissement du nombre de diabétiques ou d’asthmatiques pour comprendre que l’automobile a plus assuré la santé de l’économie que la nôtre. Alors pour réduire la pollution, les pouvoirs publics incitent à la voiture électrique, mais cela ne réduira pas la circulation dans des villes comme Marseille et Paris, qui figurent au palmarès des villes les plus saturées. Plutôt que de proposer de nouvelles taxes ou des péages urbains, pourquoi ne pas développer la ville de demain pour les piétons ? Certaines villes ont déjà pris le pas, comme Cergy Pontoise, avec d’importants axes piétonniers.

Tramway

Avec 6 milliards d’habitants en zone urbaine d’ici 2050, il est évident que nous ne pourrons nous déplacer comme nous le faisons aujourd’hui. La voiture individuelle ne peut servir de mode de déplacement durable à huit milliards d’individus sur terre. On peut rappeler que sur les millions de véhicules qui circulent tous les jours sur les routes d’Ile de France (dont 64% de banlieue à banlieue), celles-ci ne contiennent qu’1.1 passager en moyenne. La circulation pourrait donc aussi être réduite en développant plus de covoiturage.

La marche, essentielle pour notre bien-être, mais aussi pour préserver notre environnement (pas d’émission de CO2), est une alternative réaliste et évidente dans une politique de développement durable. Elle est d’ailleurs loin d’être utopique, quand on sait que 40 % des trajets quotidiens parcourus en voiture font moins de 2 km (Source : ADEME). Marcher, c’est respecter l’environnement, mais c’est aussi respecter son corps dans une société qui tend à nous rendre de plus en plus sédentaire. C’est aussi être libre de tout mouvement et c’est aussi ne plus être une vache à lait : Pas de coût de carburant, pas de coût de stationnement et pas d’usure de la voiture. Pourquoi dépenser de l’argent quand on peut éviter d’en dépenser ? Rassurez-moi, nous ne sommes pas que des consommateurs ?! De nombreuses associations font aujourd’hui un travail formidable pour une ville plus humaine, moins stressante, plus apaisée, à l’image de l’association suisse, Mobilité Piétonne Suisse, qui met en avant l’importance des infrastructures pour inciter à la marche. Valoriser la marche en ville nécessite une remise en question de l’aménagement des espaces publics. Cela passe dans un premier temps, par la mise en place de panneaux indiquant les temps de parcours, ce qui fait prendre conscience de la proximité des lieux, dont les distances sont déformées par les détours en voiture. Favoriser la marche en ville demande aussi de meilleurs éclairages, des carrefours moins dangereux, plus de poubelles, plus de bancs, des trottoirs plus accessibles, plus larges. Il n’est pas normal à notre époque de voir des trottoirs ne pouvant recevoir une poussette, et encore moins une personne se déplaçant en fauteuil roulant.

La marche en ville n’a que des atouts :

  • La sécurité des déplacements
  • La santé
  • La réduction des émissions polluantes
  • La réduction des coûts usagers/ collectivités
  • Une qualité de vie meilleure
  • Un lien social renforcé