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Maxime Faiteau, vainqueur des 8 Heures de Charly 2018 nous fait revivre sa course pour notre plus grand plaisir

Maxime FaiteauVainqueur des 8 Heures de Charly le 4 février dernier, Maxime Faiteau était venu sur la course pour acquérir de l’expérience sur de longues distances. Si son jeune âge et son manque de sommeil ne plaidaient pas en sa faveur, le courage et l’envie lui ont donné raison.

Vainqueur avec 73 km 175 parcourus en 7h52’29, Maxime Faiteau, licencié  à l’Entente Poitiers Athlé 86, nous a accordé un bel entretien pour évoquer ses prochaines ambitions et nous faire revivre sa course, juste une semaine après sa victoire, pour notre plus grand plaisir. Un grand moment de sport et de vie. Merci à lui pour sa générosité et son humour !

Vous avez remporté dimanche dernier les 8 H de Charly, c’était votre première participation ? Et oui, il aura fallu attendre la 20ème édition des 8 heures de Charly pour que je prenne mon premier départ, en même temps je n’avais que 7 ans lors de la première édition en 1998. En plus d’être une première à Charly c’est aussi une première sur un 8 heures, je n’ai jamais marché sous ce format de compétition, j’avais donc tout à découvrir et à apprendre.

Qu’est ce qui vous a motivé à participer à cette longue épreuve ? J’ai participé à cette épreuve pour la première fois pour de multiples raisons. La première est qu’après mon échec sur le 100 km au mois d’octobre, beaucoup d’athlètes plus expérimentés que moi m’ont conseillé de m’aligner sur des formats un peu moins long comme des 6h ou des 8h pour endurcir un mental et prendre de l’expérience en longue distance qui m’a fait défaut lors du 100 km. J’ai choisi Charly car c’est une épreuve qui me tentait déjà l’an dernier pour son ambiance ses bénévoles et son nombre de partants entre autre, mais je n’avais pas pris le départ. Pour cette saison 2017-2018 j’avais envie de nouveauté de nouveaux défis et j’avais besoin d’apprendre sur la longue distance. J’ai donc pris un dossard pour ce 8 heures.

Que gardez vous de cette victoire une semaine  après ? De cette victoire il me reste des bonnes courbatures et du champagne !!!! 😀
Plus sérieusement, cette victoire m’aura permis de me remettre sur le droit chemin après deux échecs consécutifs au championnat de France de 100 kilomètres. En dehors de la victoire, cette compétition m’aura permis de retrouver du plaisir à marcher longtemps, ce qui était l’objectif principal. J’ai aussi pu établir un état des lieux de mes points forts et de mes points faibles. Je connais maintenant mes  principaux défaut à corriger pour progresser sur les prochaines compétitions et ils sont nombreux. Et j’ai enfin un point de départ, une compétition de référence au-delà du 50 kilomètres !!! Cette compétition m’a fait du bien, j’ai pu retrouver les autres marcheurs, tout ça dans une bonne ambiance conviviale et chaleureuse.

Maxime Faiteau

Vous sentiez que vous étiez dans un grand jour ? Est-ce que j’étais dans un grand jour ? Clairement non, malgré la victoire, le kilométrage total n’est pas si bon que ça. Je n’étais pas non plus dans un mauvais jour. J’étais juste dans une forme correcte malgré les 6 heures de voiture la veille pour venir de Poitiers et une migraine qui m’a empêché de dormir en début de nuit. Par contre, contrairement à certaines compétitions, la tête avait envie de marcher longtemps et à mon avis c’était le plus important. Et puis je n’ai pas préparé spécifiquement cette compétition, l’objectif restant le 50 kilomètres au championnat de France le 18 mars. J’ai repris l’entraînement que le 5 décembre après 5 semaines de coupure, je n’avais donc pas les bornes nécessaires dans les pattes pour faire une grosse performance, seulement une sortie de plus de 3 heures, le lundi précédant la compétition. Ce 8 heures était juste là pour retrouver la compétition, la confiance et se faire plaisir. 

Pouvez vous nous résumer un peu ces 8 h de marches ?  8 heure, le départ donné, je ne savais toujours pas comment aborder cette compétition, je n’avais aucune idée de la gestion d’une telle distance, j’ai donc pris un rythme où je me sentais bien en espérant être autour de 9 km/h, c’est-à-dire 6 minutes 40 par kilomètres. Au bout de quelques kilomètres je regarde ma montre qui bip et qui m’indique 1 km en 5’56 puis 5’58, ensuite je prends un carton jaune puis un carton rouge car je n’ai pas les deux pieds au contact du sol, je risque la disqualification. Là je m’engueule tout seul et je me concentre, car j’allais droit dans le mur. Une fois rentré réellement dans ma course il a fallu être patient et ça, c’est loin d’être mon point fort, j’ai donc décidé de me concentrer sur mon ravitaillement en attendant mon premier coup de moins bien qui est apparu un peu avant le 50 kilomètre. Au niveau du classement je viens de passer rapidement de la 4 ème à la 2ème place, mais je suis en train d’exploser de tous les côtés : mental, physique…. C’est à ce moment-là que mon ange gardien  Saâdi Lougrada et son club de Roubaix me reprend en main (car je suis venu seul je n’avais donc pas de ravitailleur). Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, au passage sur la ligne d’arrivée, Jean Cecillion (Ancien marcheur et directeur de course du mythique Paris Alsace…..), m’annonce que le premier de la course est juste devant moi, je m’attends donc à apercevoir Florian Letourneau, mais à ma grande surprise Florian a abandonné, c’est Daniel Foudjem qui est en tête. Je le double il ne me suit pas, le déclic dans la tête a lieu, la machine est relancé, je suis même euphorique, je fais des kilomètres en 6 minutes mais il reste 2H30 de course. Saâdi me donne à manger et à boire, à tous les tours il m’encourage, il me dit que derrière c’est loin, mais je n’ai pas les écarts et je redoute un retour de Daniel ou de Philippe Gilles, marcheur d’expérience qui est actuellement 3ème et qui je le sais, est capable de faire des fins de course rapide. Je donne tout, j’ai mal de partout mais je continue à avancer,  je suis en tête et je suis un compétiteur. 7 heures de course, je sais qu’il ne me reste plus que trois tours à faire puis deux et enfin le dernier tour à ce moment, je sais que la course est gagnée, mais il faut quand même rejoindre la ligne d’arrivée car tant qu’elle n’est pas franchi tout peut arriver. Je profite pleinement de ces derniers tours malgré les douleurs, je savoure la victoire dont j’ai tant rêvé. Quelques mètres avant la ligne d’arrivée, j’enlève le chasuble obligatoire et ma veste, pour que mon maillot de club (EPA86) se voit lors de l’arrivée.
Voilà enfin cette ligne d’arrivée, pour la première fois sur une compétition je lève les bras, la course est finie j’ai gagné.😀

Une course comme les 8 H de Charly est une bonne mise en jambe à quelques semaines des championnats de France , mais n’y  a t’il pas un risque d’en faire trop ? Je suppose qu’une course comme les 8h de Charly  avec plus de 70km parccourus, demande un certain temps de récupération… Suite à cette course j’ai pris le temps de bien récupéré avant d’enchaîner sur un dernier bloc de 3 semaines d’entraînement avant le 50 kilomètres. Car oui participer à ce 8 heures quelques semaines avant un 50 kilomètres est un risque pour un jeune marcheur comme moi. Mais dans la vie pour avancer il faut savoir prendre des risques !!!

 

Vous venez d’avoir 27 ans en novembre dernier, un âge plutôt jeune. Vous avez encore tout l’avenir devant vous. Quelles sont vos ambitions à court terme et à plus long terme ? Malheureusement je suis un des rares marcheurs de moins de 30 ans, j’ai l’avenir devant moi…. Personnellement je vis au jour le jour, je ne me projette pas à moyen ou long terme, je veux juste continuer à me faire plaisir. Mais bien sûr comme tout le monde j’ai des rêves c’est ce qui me fait avancer. En marchant mes 2 grands rêves serait de finir un Paris Alsace et de porter le maillot de l’équipe de France. Pour le moment j’en suis très très très très très…. loin !

 

Les longues distances ont votre faveur. Vous arrive t’il de vous aligner sur des 5, 10 ou 20 km  marche ? Dans les catégories jeunes j’ai participé a beaucoup de 5,10 et 20 kilomètres. J’ai réalisé 21’25 sur 5000m en salle, 44’15 sur 10 000m et 1h30’52 sur 20km. Pour le moment je n’ai plus envie de m’investir sur ses distances mais peut-être que cela reviendra, l’avenir nous le dira…. Cette saison je ferais au moins deux 5000 m lors des interclubs, une compétition qui me tient à cœur.

Qu’est ce qui différencie un marcheur spécialiste des courtes distances à un marcheur longue distance ? Le monde de la marche de vitesse et celle du Grand Fond n’est pas si éloigné que ça, il y a quelques adaptations techniques à avoir. Les seules grosses différences à mes yeux c’est qu’au niveau du mental et du ravitaillement au-delà du 20 km, on passe dans un autre monde bien plus dur, mais très intéressant. J’encourage donc tous les marcheurs à venir essayer le 50km, 8h,100km 24 heures……. La marche de vitesse et la marche de grand-fond ont  beaucoup à apprendre l’une de l’autre, les deux peuvent s’enrichir et progresser dans l’histoire.

 

Que peut on vous souhaiter pour cette saison 2018 ? Vous avez qu’à me souhaiter de continuer à être heureux et de me faire plaisir ce serait déjà beaucoup. Pour finir, je tenais à remercier tous les bénévoles des 8 heures de Charly qui ont fait un boulot extraordinaire, sans eux rien ne serait possible. Et aussi à Saâdi et le club de Roubaix de m’avoir sauvé mon 8 heures. Sans eux je ne sais pas si j’aurais été au bout de l’épreuve et la victoire je n’en parle même pas.

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