Blog, Interview, marche, Marche nordique

Vincent Pithon : Du souffle, du coeur et de l’espoir

1Coureur de longue distance, Vincent Pithon a été rattrapé par la maladie en 2015. Trois ans plus tard, il se lançait un défi, descendre l’intégralité du Canal du Midi en marche nordique, de Toulouse au phare des Onglous à Marseillan, soit 243 kilomètres en 50 heures.

Sa démarche avait plusieurs buts, aider une association qui aide au bien-être des malades du cancer et participer au reboisement du Canal du Midi. Aujourd’hui, il souhaite continuer à promouvoir la marche nordique, source de bien-être pour le corps et l’esprit, qui l’a aidé à lutter contre la maladie. Rien d’étonnant à ce que nous retrouvions Vincent Pithon, pour un entretien poignant et plein d’espoir (Spéciale dédicace à Fabrice…).

Trois ans après une longue maladie vous vous êtes lancé un défi, descendre l’intégralité du Canal du Midi en Marche nordique. Qu’est ce qui a déclenché en vous ce besoin de vous dépasser et pourquoi avoir choisi la marche nordique ?Amoureux des longues distances et des défis depuis toujours, l’idée de descendre le Canal du Midi m’est venu naturellement. A treize ans, tout seul, j’ai pris mon vélo et j’ai relié Angers à Montpellier pour ensuite aller en Lozère chez des amis. J’ai recommencé l’année d’après pour aller, toujours seul, d’Angers à Briançon en passant par la Lozère. La maladie m’a laissé affaibli, mais la marche nordique, moins traumatisante que la course, m’a donné envie de retrouver les sensations des ultra trails et surtout je voulais prouver qu’un sport santé adapté aide à la guérison et participe énormément au bien-être du malade. La marche nordique m’a aidé à surmonter la maladie. Autant physiquement que mentalement. Le Canal du Midi est un lien en Occitanie. Une image incontournable. Je voulais également participer au reboisement du Canal. J’ai donc créé une cagnotte en ligne au bénéfice de deux associations : CAMI Sport et Cancer et l’association qui gère le reboisement du Canal.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours sportif et nous dire comment vous êtes venus à la marche nordique ? J’ai toujours aimé le sport et je pratiquais régulièrement le VTT. Avec le travail et les enfants j’ai beaucoup ralenti ma pratique sportive. En 2000, à la fin de l’été je décide de reprendre une activité sportive régulière. Je découvre la course sur route. Je me lance un défi à ce moment-là. Courir un marathon au printemps 2001. Je trouve un plan d’entraînement sur Internet que je suis scrupuleusement. Je cours mon premier marathon en avril 2001 avec un temps de 3H38’. A partir de là je rejoins un club d’athlétisme et sa section course hors stade. Je cours toutes les distances du 5 km au 100 km (sur 10 km mon record est de 39’, sur semi-marathon il est de 1h27’ et sur marathon de 3h15’. Mon record à Millau sur 100 km est de 11h20). Petit à petit je quitte la route pour les courses natures et les trails. Toutes les distances me conviennent mais j’ai une préférence pour les longues distances. Au-delà de 50 km. Je parcours toute la France pour des trails. La maladie me rattrape brutalement en 2015 lors de la 6666 Occitane. Au 60ème km je suis contraint à l’abandon. Plus d’énergie, plus de force, comme si on m’avait «débranché». Deux mois plus tard je commence des traitements «lourds». Pendant la durée du traitement, impossible de courir. L’énergie me manque. Je me force quand même à marcher le plus souvent possible. A la fin du traitement «lourd» je suis affaibli. D’autant plus qu’une grave infection pulmonaire est venue s’ajouter à ma maladie. Le président de mon club d’athlétisme (Vincent BIGEL) me propose alors de faire de la marche nordique. Je découvre tout de suite les bienfaits de cette discipline. Et j’y adhère complètement. Je retrouve les bienfaits d’un sport doux et adapté. Le temps d’acquérir les bases techniques et me voilà prêt pour de nouvelles aventures. Grâce au club j’ai même passé le diplôme d’entraîneur de marche nordique et j’anime la section marche nordique.

marcheDans votre démarche il y a l’ambition de démontrer l’importance de la marche nordique sur la santé. Que vous a-t-elle apporté durant la maladie, et que vous apporte-t-elle aujourd’hui ? Durant cette longue maladie il y a les périodes de traitements lourds qui aspirent toute votre énergie et vous laisse sans force. Durant ces phases il est difficile de garder une activité physique. Par contre, entre ces périodes il était très important pour moi de faire du sport. Je me suis astreint à marcher, marcher vite, marcher vite avec des bâtons. Je me suis dit que ça faisait partie intégrante de mon traitement. Autant physiquement que mentalement, la marche nordique est pour moi un élément indispensable et incontournable de ma vie et de mon bien-être. Je veux prouver que ce sport est vraiment un sport santé et qu’il convient à tous. Aujourd’hui mon métabolisme a changé. A la fin des traitements lourds j’ai pu refaire un marathon mais l’envie n’y était plus et le physique non plus. J’ai manqué de souffle. Par contre la marche nordique me permet de travailler tout mon corps et mon esprit. Je peux gérer plus facilement ma respiration et mon cœur ne monte jamais très haut en pulsation. Je récupère petit à petit grâce à la marche nordique. Je fais, de temps à autre, des compétitions pour évaluer mon niveau. Mais je préfère mes longues sorties.

Comment avez-vous trouvé les ressources nécessaires pour maintenir une activité physique durant le traitement de la maladie ? Comme je l’ai déjà décrit avant, les phases de traitement lourdes ne m’ont pas permis de faire une activité physique. Par contre, entre ces phases (toutes les 3 semaines pour moi), j’ai maintenu une activité physique douce. D’abord la marche « classique » puis la marche nordique. De temps en temps il fallait que je me motive plus pour sortir faire une séance de marche nordique. Mais le bénéfice que la sortie me donnait en valait la peine. Mon profil de sportif m’a aidé à trouver les ressources nécessaires pour continuer une pratique sportive.

Avez-vous d’autres projets à plus ou moins long terme ? De nouveaux défis de longues distances ? Je projette de faire la grande traversée de l’Hérault à pied par le circuit qui existe depuis plusieurs années (surtout emprunté par les cavaliers et les vététistes). Je pense le faire à la fin du mois d’octobre de cette année. Il y a 300 km environ. Je pars sur 5 jours. Tous ceux qui voudront m’accompagner pour un km, une heure, ou plus seront les bienvenus.

Pour vous y’a-t-il un sport équivalent à la marche nordique en tant que sport santé ou ce sport est-il vraiment unique dans ce qu’il peut donner à notre santé ? Pour moi, la marche nordique est un sport santé adapté à beaucoup de pathologie. Chacun peut y trouver les bienfaits pour son corps et son esprit. C’est un sport d’extérieur qui fait travailler énormément de muscles du corps sans traumatismes. On peut le pratiquer partout et à moindre frais. Une tenue adaptée, des chaussures de trail, des bâtons spécifiques, de l’eau et le tour est joué. La marche nordique fait également du bien au mental. Je remarque qu’avec la course à pied, les idées deviennent assez répétitives. Mes pensées suivent plus facilement le rythme de la marche nordique. D’autres préféreront des sports d’intérieur comme la natation, la gymnastique, le Yoga et bien d’autres encore. Il est important de trouver le sport doux qui vous correspond le mieux. De plus en plus d’association travaillent avec les centres de soins pour trouver des activités sportives douces qui aident les malades.

Quelles réactions avaient les médecins sur votre envie de continuer à faire du sport durant votre maladie ? Pour tout dire mon hématologue n’était pas du tout sportif. Il avait beaucoup de mal à comprendre ma passion pour les longues distances. J’ai indiqué que je continuais à faire du sport pendant le traitement. Le médecin à simplement trouver ça bien. Sans plus. Je regrette que dans ce service les personnels ne soient pas formé pour inciter les patients à conserver une activité physique. Je sais, grâce à CAMI Sport et Cancer, qu’ailleurs des choses sont mises en place pour ça.

Durant vos longues marches et notamment votre périple le long du Canal du Midi, avez-vous fait de belles rencontres ? Avez-vous été accompagné ? Que gardez-vous de cette longue marche durant plusieurs jours ? A chacune de mes marches « au long cour » je rédige un petit texte. J’y intègre mes pensées, mes rencontres et mes sensations. Je vous le transmets : Le Canal du Souffle et du Cœur.

Pour vous quoi quoi qu’il arrive… Il est important de toujours bouger, n »est-ce pas ?Depuis que le «virus» de la marche nordique m’a gagné j’essaie de sortir tous les jours. Mon activité d’entraîneur me donne également l’occasion de faire partager ma passion. Mon sac de bâtons est toujours dans le coffre de ma voiture. J’ai même initié des collègues de travail à ce sport. Amoureux du beau geste, je viens également de passer le diplôme de juge marche nordique. Mais je préfère mes sorties natures, seul ou en groupe, de jour comme de nuit. Dès que je vois un beau chemin j’ai envie d’y aller avec mes bâtons. Rien de tel que la marche nordique pour découvrir son environnement. Je voudrais aller de village en village pour faire découvrir les bienfaits de la marche nordique à tous.

Merci pour cet échange un dernier mot peut être ? La marche nordique peut se pratiquer en loisir ou en compétition mais c’est avant tout, pour moi, un sport santé doux qui permettra au plus grand nombre de pratiquer une activité physique source de bien-être pour le corps et l’esprit.

marche2

 

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s