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Rémi Sainjeon : Que c’est bon de gagner une course comme celle-là 

20190526_074152.1En 2018, Rémi Sainjeon avait remporté en compagnie d’Angélique Douarne, la première édition de Je marche, tu marches…nous marchons. Animateur, passionné, Rémi Sainjeon aime se lancer des défis comme celui des 24 Heures de Marche nordique à Bourg qu’il a remporté le week-end dernier, totalisant 1660 mètres de dénivelé positif et une distance de 151,28 km. Une bonne occasion pour Culture Marche d’en savoir plus sur ce marcheur.

Déjà Bravo pour cette victoire à Bourg. Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous êtes venus à la marche nordique ? Comme beaucoup d’entre nous, j’ai découvert la marche nordique par hasard, il y a 5 ans, lors d’une démonstration de l’Ufolep sur la ville de Nevers. Je n’ai pas vu dans cette pratique le côté compétition car peu répandu à l’époque, mais plutôt une manière de marcher autrement tout en faisant travailler la partie haute du corps qui n’en a pas l’habitude dans la marche traditionnelle ou la course à pied.

Vous venez de remporter les 24 Heures de marche nordique de Bourg. Quelle était votre expérience sur de longues distances avant cette belle aventure ? La compétition permet de se motiver pour donner le meilleur de soi même tout en se mesurant avec des passionnés de la même discipline. Si je pense ne pas être ridicule dans les courses courtes comme les MNCC, ma morphologie ne me permettra jamais d’espérer rivaliser avec des Liskowitch, Heckman ou Do-Santos et bien d’autres. Après avoir fait deux fois la T2L (Tour du Leman par étapes), j’avais envie d’essayer de me tester sur une longue distance et le projet fou d’un 24 heures devenait évident pour moi.

20190526_074147..1jpgComment prépare t’on une épreuve de 24 Heures ? La préparation se fait au quotidien par plusieurs sorties par semaine en privilégiant le long plutôt que du fractionné. Le but de la préparation n’est pas de préparer son cardio à un gros effort, mais plutôt son cerveau et ses jambes pour qu’ils s’entendent dans un effort long ou chacun d’eux ne doit pas faiblir au risque d’entraîner l’autre dans sa chute. Si les premières heures sont dans l’effort et dans la gestion de ses ressources, après plus de huit heures de course on plonge dans un état que seul le mental contrôle, la tête gère les douleurs musculaires et vous renferme dans une bulle qui vous isole du reste de la course, votre corps et vos bâtons ne font plus qu’un.

Quel est votre ressenti quelques jours après votre victoire ? Après quelques jours, on relativise ce que l’on a fait et tout de suite on se dit « et maintenant ? ». Le corps demande un peu de repos mais pas trop longtemps j’espère…

Vous êtes membre et dirigeant du club Multimarche58, rattaché à l’UFOLEP. Pouvez-vous nous le présenter et nous expliquer ce qui différencie un club UFOLEP à un club FFA ? Je suis licencié dans deux clubs dont la pratique n’est pas à vocation de faire de la compétition. Les deux clubs portent fièrement les couleurs de l’Ufolep avec l’envie de porter la pratique du sport et de la marche nordique dans l’esprit du bien être dans un environnement en adéquation avec le besoin de tous. Morvan Oxygène qui est un grand club multisport Ufolep, me permet de participer aux compétitions par sa double appartenance avec la FFA et mon second club, Multimarche 58, qui se trouve à Nevers, me donne l’occasion de transmettre en tant qu’animateur, ma passion pour l’activité à plus de 90 personnes. Mon rôle auprès de l’Ufolep58 et du groupe de travail en national, me permet de partager et d’essayer d’améliorer la pratique au sein de la fédération.

61444682_475122353231244_8468518065565335552_nAu niveau de la gestuelle, la technique est beaucoup plus contrôlée sur les courses FFA. Qu’elle est votre point de vue ? S’il faut des règles à toutes pratiques, l’excès de celles-ci ne sont souvent pas comprises et déstabilisent les compétiteurs. La FFA est souvent la cause d’aberrations sur les compétitions, qui mettent les compétiteurs sur la réserve par la peur du gendarme. La pratique en compétition FFA me fait parfois penser au patinage artistique où le jugement d’une seule personne peut réduire à néant votre course. Mon point de vue sur la technique ? Je pourrais résumer simplement en reprenant le commentaire des adhérents de club à qui l’on apprend une gestuelle efficace et agréable à regarder « Rémi, ce que vous faites en compétition n’a rien à voir avec ce que tu nous apprends !!! ». Oui, la gestuelle naturelle et élémentaire de la marche nordique est bafouée par la compétition, mais cela vaut dans tous les sports, la recherche de la vitesse vous oblige à adapter votre technique aux limites de la réglementation. Les femmes, qui ont une élégance naturelle, sont bien moins sujettes à cette distorsion de la pratique.

20190526_123852.1En tant que marcheur et dirigeant de club, confirmez vous l’intérêt croissant pour la marche nordique ? La marche nordique a encore de bien belles années devant elle et son engouement dans les sections prouve qu’il y a de la demande. Nos clubs doivent continuer de former des animateurs en leur proposant de la formation continue pour permettre que chaque femme ou homme et quelque soit son niveau sportif, puisse trouver ou retrouver dans cette discipline le gout au sport et à l’activité. La sédentarisation est pour moi le mal du siècle. Les clubs doivent bouger et se rencontrer sur des animations pour créer une communauté marche nordique qui permettra que la pratique ne soit pas un effet de mode mais une pratique communautariste comme beaucoup de pratiques diverses.

Quels sont vos prochains objectifs en tant que marcheur ? Comme j’adore les défis, je vais me préparer à celui que m’a lancé une amie, faire un semi-marathon en octobre à Nevers et pour la marche nordique, je crois que l’on me reverra principalement sur les courses longues et pourquoi pas à Bourg l’année prochaine.

Merci à vous, un dernier mot peut être ? Il faut que chacune et chacun de nous se fixe des objectifs pour avancer dans la vie, mais n’oublie pas d’apprécier la vie au jour le jour « Carpe diem ». Mais p.t… que c’est bon de gagner une course comme celle-là !!!

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