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Florian Mayer, Champion de France du 50 Kilomètres, en route pour un avenir prometteur !

image2Une semaine jour pour jour après son titre de champion de France du 50 kilomètres acquis à Mérignac, Florian Mayer revient sur Culture Marche pour évoquer son sport, un sport plein d’humanité. Il se confie aussi sur ses ambitions qui ne manquent pas. A 21 ans seulement, Florian Mayer trace sa route vers un avenir très prometteur qui pourrait l’emmener jusqu’au Jeux Olympiques.

Que ressentez-vous à quelques jours de votre titre de champion de France acquis dimanche dernier à Mérignac ? A quelques jours de mon titre de champion de France élite, je ressens tout d’abord de la fatigue, (rires) mais surtout beaucoup de fierté et de joie, car c’est mon premier titre de champion de France élite, et surtout cela vient récompenser l’intense et longue préparation pour réussir ce 50 km mais aussi les nombreuses années de travail et de sacrifices que j’ai derrière moi ! C’est une satisfaction personnelle mais aussi au sein de ma famille, ce titre est une belle ligne que je viens d’écrire à mon palmarès.

Comment expliquez-vous ce succès ? Une préparation plus importante ? plus de sacrifices ? Ce succès s’explique tout d’abord par une très bonne gestion de course avant de parler de préparation ! On peut être prêt mais flancher le jour J, donc moi j’ai d’abord pris le temps de mettre ma marche en place en début de course et de bien gérer l’intégralité de mon 50 km. Ensuite, j’explique ma réussite grâce à l’expérience emmagasinée lors de mon 50 km l’an passé afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs durant la course. Il est évident que la clé pour parvenir au titre c’était de réaliser une très bonne préparation en étant malgré tout à l’écoute de son corps afin de ne pas se blesser avant la compétition, mais j’estime avoir réalisé la préparation idéale, j’en suis content. Avec Eddy Riva comme entraîneur, j’ai pu bénéficier des conseils et des bonnes méthodes d’entrainement pour le 50 km ! Après vous savez des sacrifices bien sûr que j’ai dû en faire, j’en fais tout le temps… mais je pense que tous mes autres adversaires sur la ligne de départ en font autant. On ne peut pas réussir un 50 km sans faire de sacrifices ni une bonne préparation…

Pouvez-vous revenir sur la course, nous résumer un peu ces 50 kilomètres pour nous faire revivre la course ? Ma course s’est bien déroulée, je suis parti sur le bon rythme ( entre 5′ et 5’05 » par km ) pour pouvoir être bien techniquement et prendre petit à petit mon rythme de croisière. J’étais parfaitement dans l’allure les 20 premiers kilomètres mais tout de même loin de Jean Blancheteau, qui, à ce moment de la course avait 1 tour soit 1 km d’avance sur moi. Cela ne m’a pas affecté car je me connais et je sais que le 50 km c’est très long donc il ne faut surtout pas s’affoler, je sais que Jean part toujours très fort mais a du mal à finir car il a abandonné déjà à deux reprises sur la distance donc je gardais espoir ! Malheureusement j’avais une forte envie de faire une  » pause pipi  » depuis le 12ème km, je me suis arrêté seulement au 35ème km… Tout se passait bien pour moi durant la première moitié de course au niveau des allures, de la technique et du ravitaillement, c’était parfait jusqu’au 28ème km où j’écope de 2 mises en garde, pas des avertissements attention, des mises en garde et cela m’a fait réfléchir car la mi-course venait à peine d’être franchie, j’ai alors décidé de réduire un peu le rythme d’environ 10 secondes par kilomètre afin de rectifier ma technique, de plus je voyais que malgré mon ralentissement, l’écart avec Jean se maintenait puis se réduisait vers le 32ème km ! Cependant ces mises en garde m’ont sorti de mon rythme car par la suite je n’ai pas pu relancer mon allure à 4’55 » par km… mais d’un autre côté je réduisais considérablement mon retard sur Jean qui lui était en perdition ! Le moral était alors gonflé à bloc !! C’est au 38ème km que je suis passé en tête en doublant Jean pour ne plus la lâcher ! Je me suis dit que le titre n’était plus qu’à 12 km donc mentalement c’était tout de suite plus facile. Pour la fin de course, j’ai vraiment pu en profiter même si ce fût dur, j’ai gardé mon rythme sans vraiment faiblir ! A l’arrivée, il y a eu un petit imbroglio car je savais que j’étais dans mon dernier tour mais les pointeurs avaient fait une erreur en oubliant de me compter un tour… ce qui peut arriver car il y avait beaucoup d’athlètes, donc je suis reparti pour une dernière boucle afin d’éviter tout problème après l’arrivée ! Une fois la ligne d’arrivée franchie, j’étais bien cuit mais très heureux d’être le tout nouveau champion de France du 50 km et les officiels ont pu rectifier l’erreur donc tout était rentré en ordre !

image3Vous remportez ce titre devant Jean Blancheteau, lui aussi très jeune dont c’était la première participation sur le 50 km, avec plus de 20 minutes d’avance. A quel partie de la course saviez-vous que c’était gagné ? Oui c’est vrai que Jean et moi sommes jeunes et tout nouveaux dans cette discipline, mais nous aimons tous les deux les efforts de longue durée. Comme je le dis précédemment, c’est au 38ème km lorsque je dépasse Jean que je sais que c’était gagné, du moins en bonne voie car on est jamais à l’abri d’une défaillance, d’un problème physique ou d’une disqualification donc rien n’est certain tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie.

En 2017 c’était votre première participation sur le 50 km, vous prenez la troisième place. Cette année c’est la victoire, à 21 ans c’est plutôt très prometteur. Jean Blancheteau m’avait annoncé dans une précédente interview vouloir renoncer à la compétition. Rassurez-nous, vous avez encore tout l’avenir devant vous…..donc encore de belles ambitions ? Oui en effet c’était mon deuxième 50 km de ma carrière après celui de l’année dernière. Mais malgré la souffrance, ça m’a plu et le podium m’a conforté dans mon idée et m’a donné envie de retenter l’expérience. J’aime cette discipline, j’aime cette épreuve donc je ne peux que être motivé ! Jean m’avait déjà dit qu’il voulait arrêter le haut niveau et c’est bien dommage car c’est un très grand champion, un jeune qui a un potentiel énorme et que jusqu’à ce titre je n’avais encore jamais battu ! Bien entendu que j’ai des ambitions, je souhaite faire la meilleure carrière qu’il est possible de faire en fonction de mes capacités, tout en me fixant des beaux objectifs atteignables. Je nourris des ambitions pour l’année prochaine de me qualifier pour la coupe d’Europe du 50 km marche et pourquoi pas chercher à cette occasion les minimas pour les championnats du monde 2019, avec à terme l’ambition de me qualifier pour les Jeux Olympiques 2020 mais surtout 2024 à domicile ! Cela va être un beau projet à réaliser et j’espère que l’on m’accompagnera dans ce projet là.

Pouvez vous nous présenter votre parcours sportif et nous dire ce qui vous a donné envie de marcher ? Comment êtes-vous venu à ce sport ? J’ai commencé l’athlétisme à l’âge de 6 ans, je faisais essentiellement du demi-fond durant les catégories poussins, benjamins, minimes. En allant aux compétitions de demi-fond, lorsque j’arrivais sur le stade, c’était toujours l(heure de la marche alors cela m’a intrigué et je me suis dit pourquoi pas essayer ? J’ai donc essayé de marcher même si c’était vraiment pas évident au début (rire), cependant ça me plaisait alors j’ai marché en compétition à partir de minime et rapidement j’ai eu de bons résultats au niveau régional en ne m’entraînant presque jamais à la marche ! Ce n’est qu’à partir de cadets, lorsque j(ai eu l’opportunité de me qualifier pour les championnats de France que j’ai décidé d’en faire ma discipline de prédilection et à l’heure qu’il est je ne regrette absolument pas mon choix ! Il est vrai que les résultats obtenus rapidement étant jeune m’ont aidé à poursuivre l’aventure dans la marche et j’en suis plutôt content.

image4Quel est maintenant votre programme pour l’année 2018 ? Désormais mon programme va être composé de 3 semaines de récupération et de régénération avant de me replonger dans une préparation sur 20 km dans l’optique de me qualifier pour les championnats de France élite cet été et de viser un podium aux championnats de France espoirs sur 20 km également cet été. Ensuite je pense même si ce n’est pas officiel que je me préparerai pour un 50 km en octobre prochain afin de décrocher ma sélection pour la coupe d’Europe de marche en 2019.

Comment est l’ambiance sur une course de marcheurs ? On a le temps de discuter entre marcheurs ? L’ambiance entre marcheurs est excellente, on est une vraie bande de copains, on rigole, on se chambre, c’est vraiment cool ! D’accord nous sommes adversaires au moment de la compétition mais avant et après la course on peut en profiter pour discuter. On se croise régulièrement sur les compétitions de marche au cours de l’année donc ça permet de se voir et discuter mais sinon on à l’occasion de se retrouver lors des stages nationaux où l’on partage vraiment de bons moments et c’est aussi pour cette raison que j’aime la marche. L’ambiance au sein de l’équipe de France de marche est vraiment très bonne et c’est un plaisir de les retrouver dès que j’en ai l’opportunité !

Certains sportifs sont motivés par l’argent, par la célébrité, qu’est ce qui motive un marcheur comme vous ? C’est clair que ce n’est pas dans la marche que l’on va pouvoir s’assurer la même retraite que Neymar et c’est quand même désolant que malgré tous les efforts fournis, la marche connaît un gros manque de considération et de médiatisation ! Ce qui me motive dans la marche c’est de pouvoir se fixer des objectifs tels qu’une qualification olympique et essayer de l’atteindre. Je suis un compétiteur donc j’ai envie de chercher le maximum de titres que je puisse obtenir et de me faire un palmarès. C’est tout d’abord une satisfaction personnelle que l’on ressent alors. Ce qui me motive c’est donc de pouvoir chercher toujours la meilleure performance possible, un peu comme ce que fait la Team Sky dans le cyclisme ! Je veux réaliser la carrière que je suis en droit d’espérer faire.

Un Grand Merci pour votre disponibilité ! Un dernier mot peut être ? Oui si je peux rajouter un dernier mot, comme je l’ai dit juste avant, la marche manque de médiatisation contrairement à d’autres sports ou disciplines, c’est dur pour les marcheurs dont je fais partie de réaliser tous nos projets par manque d’accompagnement… Je suis donc à la recherche de partenaires afin de m’aider dans ma réussite sportive et de mener à bien mon projet pour remplir les objectifs que je me suis fixés.
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