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Nil et Marie, deux pas vers l’autre, à Auronzo di Cadore en Vénétie

nilL’hiver approche pour Nil et Marie, deux aventuriers partis depuis février dernier à la découverte de l’Europe à pied. Après avoir traversé le Portugal, l’Espagne, le sud de la France, la Suisse, l’aventure Deux Pas Vers l’Autre s’est posé ce samedi 27 octobre 2018, à Auronzo di Cadore, commune de la province de Belluno, dans la région Vénétie en Italie. Une bonne occasion pour prendre des nouvelles des deux marcheurs, qui s’apprêtent à rejoindre la Croatie pendant les mois les plus froids. N’hésitez pas à les suivre sur leur Facebook.

Comment allez vous aborder l’hiver ? On aborde l’hiver en s’y préparant autant que possible, que ce soit mentalement, physiquement ou même techniquement. Il y a 2 semaines on est passé sur un équipement plus chaud, ce n’est pas encore le matériel que l’on a prévu pour le dur de l’hiver, mais c’était nécessaire de s’équiper un peu mieux pour finir la traversée des Alpes. Dernièrement, dans les Dolomites, on a quand même traversé des nuits à -10°, ça calme ! On réfléchi aussi à la meilleure façon de préserver notre équipement, notamment l’électronique… Pour se préparer physiquement on fait à vrai dire pas grand-chose, on laisse la nature s’en charger. En gros, notre corps, la peau de nos mains et de notre visage s’y habituent petit à petit… Courant novembre, nous arriverons en Croatie, notre porte d’entrée sur les Balkans. L’itinéraire qu’on a tracé est très montagneux, il faut dire que certains des pays à venir sont presque intégralement recouverts de montagnes et présentent des altitudes moyennes supérieures à 1 000 mètres. On espère que cet itinéraire est faisable au cœur de l’hiver et qu’on n’aura pas trop de compromis à faire a ce sujet.

Qu’est ce que vous appréhendez le plus dans les jours à venir ? Pour les jours à venir on redoute plus la pluie que le froid. Pour le froid on est équipé et on peut s’en protéger, mais marcher plusieurs jours sous la pluie, même quand on est bien équipé, c’est vite la galère ! Selon où on dort le soir, on ne peut pas toujours faire sécher nos affaires et quand l’humidité s’accumule, ça peut vite devenir un problème. Dans l’immédiat, les journées humides d’automne sont notre plus grande crainte. Aujourd’hui par exemple, nous sommes à Auronzo di Cadore en Vénétie, et toute la région est en alerte météo, les écoles sont fermées, toutes les activités extérieures, comme les marchés, sont annulées. Heureusement Gigi, un Italien rencontré ici, nous accueille jusqu’à demain, en espérant que ça passe ! Aussi, tous les refuges de montagne sont maintenant fermés, ça nous demande donc d’être mieux organisés pour la gestion de nos nuitées, de notre nourriture et de la recharge de notre matériel.

Comment vous portez vous après ces longs mois de marche ? On se porte bien ! Très bien même ! 9 mois sur les chemins et aucune blessure à déplorer, zéro problème, pas de mauvaise rencontre… On ne pouvait pas souhaiter que cela se passe mieux en fait. Pendant les 6 premiers mois on avait les pieds assez tendus, des douleurs tendineuses au réveil, qu’on essayait de faire passer en s’étirant plus. Depuis qu’on est dans les Alpes, elles se sont un peu apaisées, sans doute parce nous marchons sur des terrains plus divers, que nos pieds sont moins souvent dans la même position… La traversée des Alpes a été un sacré morceau… 3 mois de paysages à couper le souffle mais aussi énormément de dénivelé. Au bout de 2 mois, Marie a commencé à être vraiment fatiguée, donc on a ralenti un peu le rythme pour terminer cette partie dans les meilleures conditions. On a fait nos premiers pas en alpinisme, en haute montagne en tout cas, en faisant l’ascension du Grand Paradis, de 4 sommets du Monte Rosa, en traversant le glacier d’Aletsch, et une journée sur le glacier du Bernina. De magnifiques expériences !

Etes-vous dans les temps par rapport à vos prévisions ? Par rapport au calendrier qu’on avait imaginé avant de partir, on a quelques chose comme 1 mois de retard, rien de dramatique. Ça s’explique par plusieurs choses : comme on le disait, on a un peu ralenti sur la fin des Alpes et aussi on avait sans doute sous-évalué le temps nécessaire à notre production vidéo. Chacune de nos vidéos nécessite 1 à plusieurs heures de montage, ce qui nous demande de nous arrêter de temps en temps. Quoi qu’il en soit, on ne s’est pas réellement fixé d’objectif de temps, ça ne nous perturbe donc pas plus que ça d’être en retard par rapport à notre calendrier théorique.

Deux pas vers l'autreAvez-vous le temps de suivre un peu ce qui se passe dans le monde ? Pour faire vivre nos réseaux sociaux, notre blog, notre chaîne YouTube… on est plutôt très connectés. Du coup, oui, on suit l’essentiel de l’actualité de fait, difficile d’y échapper. On essaye aussi de s’informer sur ce qui se passe dans les pays où l’on se trouve, ça nous aide à comprendre l’ambiance et à prendre part aux conversations autour de nous.

Avec tous ses kilomètres pas d’ampoule au pied 🙂 ? Non pas d’ampoules ! Quelques échauffements au niveau des pieds la première semaine, mais depuis 9 mois : rien !
Il faut croire qu’on est bien équipés et que nos pieds, chaussures et chaussettes cohabitent bien :). Pour Nil, les ampoules ont été un gros problème par le passé, mais je pense qu’on tient un combo qui fonctionne bien maintenant et ça passe notamment pas des chaussettes « à orteils » et en laine mérinos. Évidemment nos chaussures dans lesquelles on se sent particulièrement bien aident aussi !

Etes-vous toujours aussi bien accueillis ? Dans l’ensemble, nous sommes extrêmement bien accueillis partout. Au Portugal et en Espagne, nous avons fait beaucoup de rencontres et très souvent été invités à dormir ou à manger, plus que ce que nous avions imaginé. En France, l’accueil a vraiment été fantastique, ça a été une superbe surprise. Depuis que nous sommes dans les Alpes, nous faisons moins de rencontres, c’est juste mathématique : on traverse moins de villages, on croise moins de monde. Mais les rencontres que nous faisons sont tout aussi intenses et inoubliables. Très bientôt nous arriverons dans des pays où la maîtrise de la langue va être plus compliquée, à voir ce qui en résultera… 🙂

Je suppose que depuis ces 8 mois d’aventures, vous devez avoir une bonne dose d’anecdotes… Vous pouvez nous en raconter quelques-unes ? On en a de toutes sortes… Du côté des rencontres, on en a fait plein, des gens avec qui on s’écrit toujours depuis des mois. Et cette semaine on en a fait une dont on peut rire maintenant même si ça aurait pu mal tourner. On était dans les Dolomites, on est passés devant les Tre Cime et on visait le refuge Locatelli, où on nous avait dit qu’il y avait un refuge d’hiver ouvert au public. On est arrivés juste à la tombée de la nuit et on a effectivement trouvé le bivouac, une chambre avec 6 lits et une toute petite pièce à vivre, on n’avait besoin de rien d’autre mais on était ravis de pouvoir s’abriter du froid. Au réveil, Nil sort faire quelques photos et trouve un gars endormi sur un banc contre le refuge avec un sac de couchage beaucoup trop léger… L’Américain frigorifié était arrivé dans la soirée et pensait trouver le refuge ouvert. Comme il était fermé, il n’a pas cherché plus loin. Pas de tapis de sol pour s’isoler, pas de réchaud, à la dure. On lui a offert un café chaud et un petit dej, il est redescendu tant bien que mal. Evidemment on trouve super que des endroits magnifiques soient rendus accessibles au grand public mais parfois on se rend compte que cela ouvre aussi la porte à ce que des gens non formés, non préparés se retrouvent en montagne dans des situations difficiles… L’autre jour on marchait autour du Piz Boè en Italie, c’était une journée très brumeuse, on a même eu un peu de neige en haut, une journée assez difficile. On suivait sur la carte un sentier tout à fait bien balisé et quand on pensait entamer notre descente on a en fait déboulé sur une via ferrata verticale qui plongeait dans le brouillard. Sur carte on a constaté que cette section descendait sur 200 mètres de dénivelé. Autant te dire qu’avec nos gros sacs sur le dos, on n’a pas tenté le diable, on a fait demi-tour et trouvé une autre sortie, ça nous a bien coûté quelques heures de détour. Heureusement ça ne nous arrive pas trop souvent, la dernière fois c’était sans doute en Espagne à cause des rivières en crue.

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