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Aurélien Quinion, Objectif : Les Jeux Olympiques de Tokyo

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Marcheur de niveau international, membre de l’équipe technique régional de la Ligue d’Ile de France d’Athlétisme, Aurélien Quinion aura 28 ans en 2021, année des Jeux Olympiques de Tokyo. Un objectif affiché pour le médaillé de bronze sur les Championnats de France 2019, que je vous propose se retrouver aujourd’hui, pour évoquer son parcours, ses objectifs et bien sûr son sport : La marche athlétique.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours sportif et nous dire comment vous êtes venus à la marche ? La probabilité que je finisse athlète de haut-niveau était plutôt faible. C’est vers l’âge de 11 ans que j’ai commencé à faire du sport, on m’avait dit que c’était une bonne manière pour les garçons de se « défouler ». J’ai habité à Bobigny, dans une cité et à l’époque je ne faisais rien de mes journées. Mais tout le monde me voyait courir de partout et on m’a incité à faire de l’athlétisme. J’ai alors découvert toutes les disciplines à l’AC Bobigny comme la perche, le sprint, les haies ou la longueur. Je n’étais bon que dans le demi-fond et la marche. Je me souviens d’ailleurs qu’en compétition j’arrivais à remporter mes épreuves de marche avec un tour d’avance sur le second. J’ai commencé la marche athlétique très jeune. À l’âge de 15 ans, j’ai vu une compétition de marche et j’ai dit à ma coach que j’étais très fort. Au début elle s’est foutue de moi, elle m’a inscrit l’année d’après à un événement de marche que la Fédération Française d’Athlétisme organisait, le Challenge des Ligues qui était un Championnat de France. J’ai réussi à finir vice- champion dans ma catégorie, ce qui les a convaincu de m’intégrer une fois par semaine à une séance de marche avec un coach à Pantin. J’ai compris assez vite que je pouvais devenir un sportif de haut niveau.

Aviez-vous des modèles durant votre jeunesse ? Bizarrement non, pour moi un modèle doit être une personne que je côtoie, que je connais, qui me guide, me montre la voie, qui m’inspire par ses actes profonds, réel, que je peux voir ou côtoyer. Avoir comme modèle une « affiche », je trouve ça irréel, non palpable. Étant jeune et encore maintenant mes plus grands modèles sont mon grand frère et mon oncle.

À partir de quand avez-vous pris conscience de vos capacités pour devenir un marcheur de niveau international ? J’ai gravi les échelons sur des compétitions importantes. J’ai d’ailleurs rapidement intégré les stages LIFA et les suivis de la Ligue d’Ile de France d’athlétisme. Mon ambition de progresser était importante, j’avais indiqué à notre feuille d’objectifs donnée par le responsable de la Ligue que je voulais devenir champion olympique. Tout est devenu plus sérieux à partir de mes saisons en cadets et de mes premières sélections avec l’Équipe de France. Avant ça, je ne pensais pas à devenir professionnel, mais plutôt à finir mes études en apprentissage pour être architecte paysagiste. J’ai bien sur dû arrêter mes études pour me consacrer à mon objectif.

On dit que pour la marche l’expérience joue un rôle important….Yohan Diniz en est un bel exemple…..il y a pourtant une génération bien implantée avec des noms comme Gabriel Bordier et David Kuster….comment gère-t-on une carrière longue de marcheur en cherchant à progresser avec les années ? Comme dans tout sport l’expérience et l’entrainement joue un rôle important. Néanmoins la marche est un sport individuel avec des distances relativement longues, donc sans entrainement c’est quasiment impossible d’exceller dans cette discipline. Je n’ai pas de mode d’emploi précis pour gérer une longue carrière. Je fais énormément avec mon instinct. Je ne maîtrise pas le sujet, donc j’essaye de m’entourer des bonnes personnes qui vont m’aider à accomplir mes objectifs. J’en découvre chaque jour. D’un point de vue technique, la marche évolue avec son temps nous avons Décathlon qui ont créé la marque Newfeel, des chaussures conçus spécialement pour les marcheurs. Je m’inspire aussi beaucoup des anciens comme mon coach Denis Langlois qui me donne de précieux conseils. La régularité, la passion, et l’endurance resterons les mots clefs afin de gérer ma carrière sur le long terme. En espérant que la jeune génération va continuer à faire vivre ce sport.

La marche est un sport peu populaire et mal reconnu à tort… D’un point de vu médiatique… Quelles seraient selon vous les solutions à apporter pour que ce sport soit plus médiatique ? Effectivement, la marche est une discipline peu populaire dû à des compétitions très longues ,et peu intéressantes pour des personnes qui ne connaissent pas la discipline. Heureusement que Yohan Diniz à un palmarès remarquable afin de mettre en lumière cette discipline. Et on remercie également Samuel Umtiti pour son magnifique déhanché lors de la coupe du monde 2018, qui a permis de mettre un coup de projecteur sur cette discipline. Mettre en place une discipline plus courte comme le 100 m Marche rapide serait un véritable atout pour cette discipline qui est uniquement basé sur des durées longues.

Au niveau entraînement, pouvez-vous nous décrire une semaine type d’Aurélien Quinion ? Je n’ai pas de semaine type, chaque année on essaye d’évoluer, de s’améliorer, de changer pour continuer à progresser. Et puis il y a la vie de tous les jours, aucune semaine ne se ressemble. En ce moment on tourne sur un rythme de 2 semaines tournées sur l’endurance et 1 semaine tourné sur la vitesse max. A côté de ça je travaille avec la LIFA comme entraîneur de marche du pôle espoir d’Eaubonne et au seins de mon club l’EFCVO, puis après j’enchaîne avec mon travail.

Quels sont vos objectifs à court ou moyen terme ? L’Objectif à court terme c’est les Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Moyen et long terme c’est de m’améliorer sur le classement mondial tous les 4 ans.

Comment voyez-vous votre avenir de sportif de haut niveau et jusqu’à quand comptez- vous rester compétitif ? J’en ai aucune idée, j’ai seulement 27 ans et je pense que j’ai encore du temps quand je vois un Yohann Diniz en forme à 42 ans. J’estime avoir encore de la marge ( ahaha). Plus sérieusement tant que je m’amuse dans ce sport, que ma situation financière me le permet, et tant que je continue de progresser, je continuerais.

Difficile de comparer un marcheur international avec un footballeur international… au niveau finance… Vi t-on de la marche ? Quelles sont les aides possibles ? Dites-nous tout à ce sujet… Sachant que la plupart des marcheurs ont un emploi en parallèle. On ne peut pas comparer deux sports dont l’un est individuel et l’autre collectif. Le football est un sport très populaire dans le monde. Clairement on ne vit pas de la marche on survit et si l’on survit pas on est dans l’obligation d’arrêter en général pour des questions financières. L’année dernière j’ai failli tout arrêter, ma situation financière étais très instable. Comme tout le monde, j’ai un loyer à payer et nous ne sommes pas aidés financièrement ou très peu. On sait tous que les sportifs vivent principalement par le sponsoring/ partenariats notamment dans le monde actuelle avec l’essor des réseaux sociaux. Aujourd’hui, je suis obligé de cumuler 2 emplois pour pouvoir continuer à pratiquer la marche athlétique.

Le 50 km marche à été malmené par le Comité olympiqu y’a quelque temps.. Savez-vous ce qu’il en est pour les prochains JO ? Aucune idée, je ne suis pas un passionné comme vous pourriez l’imaginer. J’aime mon sport, je le pratique intensément, mais je ne suis pas un fan. J’ai appris à aimer ce sport. Je sais qu’il a été sauvé il y a 2 ans. Le CIO souhaitait le supprimer des JO ou modifier la distance à 30 Km, il faut que tout aille vite sinon le spectateur s’ennuie et ne regarde pas.

Que pensez-vous de la domination des japonais sur les derniers championnats du monde ? Comment l’expliquez-vous ? Comme je le dit juste plus haut sur ma passion, je n’ai même pas fait attention qu’il y avait une domination des Japonais. J’ai regardé les championnats, j’ai surtout suivi Kevin dont je suis proche, et d’autres marcheur dont je suis proche et que j’apprécie dans la vie. Mais franchement la domination ou le niveau de certains n’est pas ce qui m’a marqué, je ne regarde pas forcément mes concurrents, je reste concentré sur mes objectifs.

Je vous remercie que peut-on vous souhaiter ? Espérer encore pouvoir pratiquer la marche athlétique encore longtemps et surtout de continuer à kiffer la vie, de pouvoir la kiffer encore plus.

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