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Nathalie Jaunet, championne de France 2017, invaincue depuis 2015

Nathalie Jaunet

Nous ne pourrions évoquer la marche nordique en compétition, sans évoquer Nathalie Jaunet, championne de France en titre. Invaincue depuis 2015, année qui a vu la première édition des championnats de France, Nathalie Jaunet a récemment confirmé son statut sur le circuit féminin en s’imposant le 18 novembre dernier à Pacé (Bretagne), première manche du Marche Nordique Tour 2018 et support des championnats de Bretagne. C’est donc avec beaucoup de plaisir que je vous propose ce petit entretien, pour en savoir plus sur cette grande championne française.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours sportif en nous précisant comment vous êtes venus à la compétition en marche nordique ? J’ai commencé la course à pied à l’adolescence pour m’affiner. Seule, sans aucun conseil et j’ai aimé cela. Pas de compétition, mais une habitude s’est installée que j’ai conservée étudiante. J’ai laissée avec l’arrivée des enfants et les occupations. J’ai repris vers 35 ans toujours dans un esprit d’activité physique loisir. J’ai participé à ma première course à mon retour en Bretagne. Je me suis licenciée dans un club avec mon mari. Les enfants ont pratiqué l’athlétisme dans le même club. Bref, notre vie s’est organisée autour du sport. Il n’y avait pas d’entraîneurs hors-stade au club, je me suis donc intéressée aux plans d’entraînement sur revue et j’en ai appliqué quelques-uns. J’ai découvert le fractionné et les progrès ont suivi. Le club m’a permis de travailler mon endurance avec les sorties longues du dimanche matin, les trails également. Mes temps de référence ne sont pas extraordinaires mais ils sont les témoins d’une progression sur le tard. 10 km en 45 minutes, Semi-marathon en 1 heure 38 et marathon en 3 heures 30. J’ai goûté au cross et j’ai adoré le trail. Après avoir été présidente du Club Courir à Saint-Avé, j’ai pris la responsabilité du développement de la marche nordique au sein du club et du pôle compétition du regroupement Athlé Pays de Vannes.

Vous avez remporté en novembre dernier une course en Bretagne, première manche du Marche Nordique Tour, en terminant dans un temps très proche du vainqueur, Franz Liskowitch (ce dernier termine en 1h20:13, Nathalie Jaunet termine à la 13ème place en 1h24:04). Qu’est ce qui vous manque pour vous imposer devant les quelques hommes qui étaient devant vous ? Pas grand chose, peut être un peu plus de puissance. Je ne prends pas de risques techniques lors des manches du Marque Nordique Tour (MNT). J’ai fini 1ère à la MNC de Pontivy dimanche 26 novembre devant de très bons marcheurs. J’en suis très fière. J’ai beaucoup d’endurance et je rattrape les gars lorsque les kilomètres augmentent. Sans juges, certains marcheurs n’ont pas une technique irréprochable, ce qui leur permet d’être devant moi ou de rester près de moi. Les écarts sont toujours moins importants en MNT.

La marche nordique est bien représentée en Bretagne avec de nombreux clubs mais également le Challenge Nordique Bretagne. Comment expliquez-vous ce succès ? On dit que la Bretagne est une terre de cross, que le cyclisme y est bien développé. Il y a aussi beaucoup de courses hors-stades. Les bretons aiment sans doute les sports de plein air pour arpenter les sentiers magnifiques et profiter de nos paysages. Donc maintenant, certaines organisations proposent des marches nordiques. Cela permet aux marcheurs bretons de se rencontrer et la convivialité faisant le reste, le groupe s’est étoffé.

Concernant votre entraînement, pouvez-vous nous présenter une semaine type d’entraînement ? avant compétition officielle, deux entraînements spécifiques avec intermittent long et court, plus une sortie endurance ou course à pied, et un travail de côtes. Soit 4 entraînements. après compétition, comme en ce moment, une sortie ou une marche chronométrée, un footing. C’est tout, je me ressource.

Comment gagner en vitesse ? Intermittents sur une allure basée sur la VOMN (Vitesse Optimale de Marche Nordique) et la moyenne de la dernière compétition. Le travail des bras fait également la différence.

Vous êtes invaincues sur les Championnats de France, depuis leur création en 2015. Je suppose que le championnat 2018 est déjà coché. Qu’est ce qui vous motive à vous dépasser dans cette discipline qu’est la marche nordique ? Effectivement, je compte bien être présente en 2018. Ce qui me plaît, c’est de voir que j’ai progressé. J’ai cru dans l’année avoir atteint une limite car sur plusieurs courses, j’avais la même moyenne, et j’ai passé un cap, et du coup je suis repartie de plus belle. Ce qui me motive aussi, c’est que j’ai entraîné avec moi des marcheurs et il me faut donc être à la hauteur. Je ne lâche pas.

Quel est votre programme pour cet hiver, et quel sera votre prochain rendez-vous en compétition ? Travailler le foncier avec des marches locales, des trails. Une préparation pour Bordeaux, deuxième manche du Challenge MNT et au printemps, un programme chargés avec Nantes, Chamarande, Le Neubourg entre autres..

A partir de quelle moyenne peut-on qualifier un marcheur de bon marcheur ? Ce n’est pas une question de moyenne seulement, mais plutôt de technique. au club, j’encadre, je dois sans arrêt retenir certains marcheurs qui n’ont qu’en envie, aller vite. Ils vont vite mais les bras ne servent pas souvent. Maintenant, une bonne technique des bras nous propulse et allonge le pas et cela certains marcheurs ne veulent pas se l’imposer car cela leur impose une dépense d’énergie trop importante et le souffle ne suit pas.

Comment voyez-vous l’avenir de votre sport ? Seriez-vous intéressés par la création d’une équipe de France, comme notre champion de France ? La marche nordique a un bel avenir dans le sport santé, en témoignent les nombreux reportages sur cette discipline pour les bienfaits avancés. Je crois en la jeune génération de marcheurs que l’on rencontre de plus en plus sur le circuit. Une équipe de France donnerait une crédibilité à la discipline. Ce serait aussi la possibilité de bénéficier de stages d’entraînement. Il y aurait une attention particulière de la part des médias, qui encore trop souvent, nous oublient sur les articles de presse, locale entre autres. J’espère que cette équipe se fera avant que je ne sois trop vieille pour en faire partie ! 😉

Avez-vous quelques conseils à donner à ceux qui voudraient se lancer ? Surtout de commencer dans un club avec un entraîneur qui saura lui donner les bons conseils techniques, car il est très difficile d’enlever les mauvaises habitudes lorsqu’il y a plusieurs années de pratique. De faire preuve de patience. Avec l’expérience d’encadrement que j’ai, 4 ans, je m’aperçois qu’il faut plusieurs années pour qu’un marcheur soit vraiment bon techniquement, d’autant plus vrai s’il ne participe qu’à une séance par semaine. La charge d’entraînement doit également augmenter progressivement pour éviter les blessures, comme une tendinite à l’épaule.

En vous remerciant, un dernier mot peut-être ? Ce n’est que du plaisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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